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Lignes de défense

Published by RFI

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Dans un système globalisé, où les menaces prennent des formes de plus en plus variées, la chronique de Franck Alexandre vous plonge chaque semaine, au cœur des enjeux et des problématiques de défense et de sécurité du XXIème siècle. Les acteurs d’un monde militaire en mutation et les meilleurs observateurs des questions de Défense répondent à Franck Alexandre tous les dimanches matins dans sa chronique.

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  1. Exercices en Lituanie: les canons Caesar, première barrière de feu face à la Russie from Lignes de défense, opens in a new tab

    Sep 19, 20263 min

    En Lituanie, l'exercice militaire multinational Strong Griffin a pris fin dimanche 20 septembre. Et pour la première fois l'armée française a participé avec ses canons Caesar à cette manœuvre. L'objectif : développer l'interopérabilité avec l'artillerie lituanienne. Avec 48 canons Caesar commandés, l'armée lituanienne muscle sa défense et le montre. À lire aussi Des avions de chasse de l’Otan abattent un drone volant au-dessus de la Lituanie

  2. Golfe de Guinée: coup d'envoi de l'opération stratégique Corymbe de la Marine nationale from Lignes de défense, opens in a new tab

    Sep 12, 20262 min

    Un porte-hélicoptères amphibie, navire majeur de la Marine nationale, doit très prochainement quitter le port militaire de Toulon pour mettre le cap vers le golfe de Guinée. C'est le coup d'envoi de l'opération Corymbe, un déploiement naval qui a lieu chaque année dans cet espace maritime d'Afrique de l'Ouest hautement stratégique. Avec ses 19 nations riveraines, le golfe de Guinée a toujours été une zone d'intérêt pour la France , rappelle le capitaine Gauthier. Nous l'avons joint à bord du porte-hélicoptères amphibie de la Marine nationale qui s'apprête à appareiller. « D'abord parce que nous avons 70 000 ressortissants français dans la région. Depuis les années 1990, il y a eu plusieurs opérations qui ont été déclenchées au claquement de doigts pour aller évacuer des ressortissants français et étrangers et les mettre en sécurité parce que leur vie était directement menacée. » Un espace maritime qui sent le soufre Mille navires transitent chaque jour par le golfe de Guinée. On y trouve des pétroliers avec 10 % du commerce mondial, beaucoup de pêches pas toujours légales. La route du narcotrafic passe aussi par là et la piraterie y est omniprésente. Un espace maritime qui sent donc le soufre. Capitaine de vaisseau Gauthier : « Quand on a autant de menaces, il faut savoir partager l'information de façon à ce que ceux qui peuvent intervenir puissent le faire au plus vite. La zone est tellement grande qu'il faut absolument se coordonner. C'est tout l'enjeu des missions comme celle que je vais conduire avec mon équipage, c'est d'aller au contact de nos partenaires pour conduire des exercices, des actions de formation, de retour d'expérience, de partage d'expérience. Pour nous, c'est très riche puisqu'ils connaissent évidemment mieux la région que nous. Quand on met tout en commun, on progresse rapidement. La mission de 2022 est emblématique. Les forces sénégalaises ont pu intervenir pour une saisie de narcotrafic au large de leurs côtes, avec l'appui d'un Falcon de la Marine nationale. C'est une mission tout à fait emblématique qui illustre le fonctionnement de cette coopération. » Une académie embarquée à bord du porte-hélicoptères amphibie Pour répondre aux enjeux sécuritaires, il faut que tous les États riverains se coordonnent. Cela s'apprend, se pratique. Raison pour laquelle, souligne le capitaine Gauthier, son navire accueille aussi une académie embarquée : « Une petite quarantaine de stagiaires – qui sont principalement des officiers des 19 nations riveraines, par exemple l' Angola , le Bénin , le Cap-Vert , le Congo , le Gabon – vont venir embarquer avec nous, pour plusieurs semaines, pour pratiquer tous ensemble, conduire des exercices afin de progresser sur le domaine de la sécurité et de la sûreté maritime dans la région. Tous les ans, il y a de plus en plus d'officiers qui sont envoyés dans cette académie embarquée. Ce qui est assez remarquable, c'est que l'on a su créer un réseau. Vous imaginez, vous mettez sur le même bateau pendant plusieurs semaines des officiers de la région, il se passe plein de choses, ils vivent plein d'aventures. Il est possible qu'ils participent aux opérations parce que, comme toujours, un bâtiment de combat à la mer, est en opération. On peut très bien déclencher une action de lutte contre la pêche illégale ou une saisie de stupéfiants avec les stagiaires à bord. » Au fil des années, l'opération Corymbe s'est imposée comme l'une des pierres angulaires de l'architecture de Yaoundé qui garantit la sécurité régionale. À lire aussi Sommet de l'Espace: l'Afrique ne veut pas continuer à être distancée

  3. Quels sont les enjeux militaires du Sommet international sur l’espace à Paris? from Lignes de défense, opens in a new tab

    Sep 5, 20262 min

    Paris accueillera le premier Sommet international sur l’espace les 9 et 10 septembre 2026. Cet événement abordera l’espace non plus seulement d’un point de vue scientifique mais comme un nouvel espace de confrontation stratégique. Face aux risques de conflits en orbite, les questions militaires seront au cœur des discussions du Sommet de Paris. Et la défense commence au sol, insiste le colonel Sébastien Pagès, adjoint au chef d’état-major du Commandement de l’Espace : « Il y a des menaces à la fois sur ce qui est en orbite, donc les satellites, mais il y a également des menaces sur le segment sol, puisqu'un système spatial, ce n'est pas juste un satellite qui tourne, précise le militaire. C'est avant tout une grosse infrastructure au sol. Et d'ailleurs, la majorité des menaces pèsent sur les infrastructures au sol. » De quoi parle-t-on ? « Donc c'est du sabotage, ça va être des frappes ou de la neutralisation de telle ou telle infrastructure. C'est de l'attaque cyber. Donc ça, c'est ce qu'on constate en 2022, quand le conflit débute entre l'Ukraine et la Russie . La première attaque des Russes, c'est sur la constellation de satellites Viasat, qui était utilisée par les forces ukrainiennes. » Deuxième enjeu : prévenir les rivalités puisque la compétition et de possibles affrontements se transportent en orbite. « Le traité de 1967 dit : pas d'armes de destruction massive dans l'espace tournées vers le sol. Tout le reste, c'est autorisé et ça laisse quand même pas mal de marge. L'une des menaces, ce sont des menaces cinétiques directes. Très concrètement, on va détruire un satellite. La Chine a démontré cette capacité, la Russie aussi, l'Inde l'a fait également. Les États-Unis l'ont fait, liste Sébastien Pagès . Toute puissance qui est dotée d'une capacité balistique a les capacités de détruire un satellite en orbite basse. C'est une arme qu'on surveille de très près, ou une capacité, mais pour autant, on promeut des comportements responsables dans l'espace puisque c'est quand même un milieu qui est un bien commun et pour lequel les débris n'ont pas de cible . » À lire aussi Comment les débris générés par l'activité spatiale polluent l'espace? L’effet de coque, un risque majeur Le sommet de Paris entend donc jeter les prémices de règles communes pour que l’espace ne devienne pas un Far West. Les constellations du type Starlink sont devenues indispensables aux opérations militaires. Or ces constellations se multiplient. La Chine prévoit par exemple d’envoyer 20 000 satellites de communication et Elon Musk annonce 1 million de satellites. La congestion guette. « 1 million de satellites, on commence à réfléchir à la notion de coque. En gros, ça va créer une coque sur les orbites basses et ce qui est important, c'est de pouvoir y accéder. Donc il faut de la place pour d'autres satellites que ceux de Starlink, souligne le colonel Pagès . Et puis l’enjeu, c'est de pouvoir traverser cette première coque qui est en orbite basse pour pouvoir accéder aux autres orbites. » Quant à la France, où en est-elle de cette course aux satellites ? « Ce que je peux vous dire, c'est que les armées françaises sont présentes sur tout le spectre des opérations spatiales militaires et celui sur lequel on est en train de se préparer, ce sont nos satellites d'action dans l'espace, précise le militaire . Vous avez peut-être entendu parler de Yoda et de Toutatis. Ces premiers satellites démonstrateurs arriveront avant 2030. » Dans un contexte géopolitique tendu, des militaires du monde entier sont attendus à Paris pour débattre des nouveaux risques spatiaux.

  4. Missiles Patriot: Washington fait fi d’une ligne rouge russe from Lignes de défense, opens in a new tab

    Jul 11, 20262 min

    Au sommet de l’Otan à Ankara ce 8 juillet, Donald Trump a indiqué qu’il allait autoriser Kiev à produire en Ukraine des missiles Patriot. Ces missiles sont indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent les villes ukrainiennes, mais jusqu’à présent, Donald Trump était opposé à aider si directement l’Ukraine. C’est donc un revirement stratégique. Une annonce « plutôt cool », selon les mots de Donald Trump. « Ces missiles, faites-les vous-mêmes », a encore lancé le président américain à son homologue ukrainien en marge du sommet de l' Otan . S'il n'a précisé ni sous quelles conditions ni à quelle échéance cette production locale de missiles se fera, c'est la première fois que Donald Trump tend aussi ouvertement la main à l'Ukraine. Car outre les missiles de défense sol-air, il a également proposé de produire en Europe des missiles tactiques, souligne Xavier Tytelman, expert aéronautique : « Cela concerne les ATACMS, qui sont des missiles à 300 kilomètres de portée que les Ukrainiens ont reçus à plusieurs centaines d'exemplaires et que les Russes n'arrivent pas à intercepter. Et surtout, il y a la réparation des systèmes Patriot, poursuit l'expert, c'est-à-dire la défense aérienne, voire même la production directe d'intercepteurs des missiles eux-mêmes directement en Ukraine. Et ça, évidemment, c'est ce dont les Ukrainiens ont le plus besoin, car ils souffrent tous les jours des attaques lancées par les Russes sur leur ville. » À écouter dans Le grand invité international Muriel Domenach : « On a atteint le meilleur résultat possible » au sommet de l'Otan Un volume d'armes énorme pour l'Ukraine Si l'industriel américain Lockheed Martin, qui produit les missiles intercepteurs Patriot, s'est engagé à tripler sa production, les usines américaines risquent pourtant d'avoir du mal à suivre le rythme d'une demande exponentielle. Alors produire à l'étranger sous licence, c'est la meilleure des solutions, précise Xavier Tytelman. « Le volume nécessaire pour défendre l'Ukraine, c'est totalement hors de portée de la production des Américains. Et les Ukrainiens savent faire beaucoup plus vite. Ils l'ont prouvé dans de nombreux domaines par le passé, notamment sur les missiles de croisière » , explique l'expert aéronautique. « C'est vraiment une grosse inflexion de la part des États-Unis. C'est un revers évidemment pour Poutine qui, depuis le début, dit que c’est une ligne rouge. Donc, aujourd'hui, on attend simplement la mise en œuvre de ces annonces, poursuit Xavier Tytelman, puisque le vrai problème, c'est que les paroles de Trump ne sont pas toujours des paroles officielles qui engagent l'État américain, ce qui n'était pas le cas avec les présidents précédents. Donc, maintenant, il faut savoir si ce qui a été annoncé va vraiment être mis en œuvre, mais en tout cas, ça fait sourire énormément de monde en Ukraine. » La volonté politique est là, reste à relever un défi industriel Produire en Ukraine des missiles de défense aérienne Patriot ne sera pas une mince affaire. Ça reste une ambition de long terme. Plusieurs mois seront nécessaires, estime Léo Péria-Peigné, chercheur à l'Ifri : « Se mettre à produire des missiles Patriot, se mettre à produire des ATACMS, ce n’est vraiment pas si simple. Il faut adapter des usines, il faut surtout adapter des chaînes d'approvisionnement. On n'est pas sur quelque chose qui se fait rapidement. On voit déjà les difficultés que l'industrie européenne a eues à monter en cadence sur des objets plus simples, mais alors là, commencer à produire des objets nouveaux, c'est encore un autre défi. » Les États-Unis s'intéressent de nouveau à l'Ukraine, et ce revirement américain semble avoir piqué au vif Moscou, qui a aussitôt accusé les Européens de se préparer à un conflit armé avec la Russie. À lire aussi Sommet de l’Otan à Ankara: Trump, l’Ukraine, l’argent et les tensions démocratiques au cœur des débats

  5. Sommet de l’Otan d’Ankara: l’Europe face au vide laissé par le retrait militaire américain from Lignes de défense, opens in a new tab

    Jul 4, 20263 min

    Guerre en Ukraine, tensions autour de l'Iran, le sommet de l'Otan, qui se tiendra mardi et mercredi 7 et 8 juillet à Ankara, en Turquie, s'ouvre dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et d’inquiétude sur l'engagement des États-Unis en Europe. Pendant deux jours, les chefs d'État et de gouvernement de l'Alliance tenteront de définir une feuille de route commune. « Ils n’étaient pas là pour nous ! », martèle Donald Trump. Depuis des mois, le président américain s’en prend à ses alliés européens, leur reprochant une absence de soutien lors de la guerre contre l’Iran. Le sommet d’Ankara aura donc valeur de test pour tous les protagonistes, souligne Cyrille Bret, chercheur associé à l’Institut Jacques Delors : « C'est un test pour la Turquie , sa capacité à se remettre au centre du lien transatlantique. C'est un test pour la capacité des Européens à maintenir un lien correct avec Washington, tout en poussant leurs propres priorités. Et c'est un test également pour l'administration Trump de montrer qu'elle ne s'est pas complètement aliénée tous ses réseaux d'alliances, analyse le chercheur . L'administration Trump aime à placer alternativement les alliés sur la sellette et au pinacle. Tout le monde va être en fait dans la situation de montrer qu'il est capable de contribuer à la communauté de l' Otan , capable de maintenir le lien transatlantique. » À lire aussi La Turquie demande d’intégrer les structures européennes de défense, malgré les réticences de l’UE Maintenir coûte que coûte le lien transatlantique Mais face à un retrait américain déjà enclenché, les Européens exigent de la clarté et de la coordination. Ce sera le premier enjeu du sommet d’Ankara, ce sera aussi un véritable défi, pointe Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l’Iris et ancien ambassadeur à Moscou. « Trump a la réputation, en partie justifiée, d'être imprévisible, mais il y a au moins une chose qui est sûre, c'est qu’il a décidé de diminuer son dispositif militaire en Europe et que, en plus, il veut articuler cette diminution en fonction du caractère méritant ou pas de certains pays, précise l'ancien ambassadeur . Mais le mouvement est irréversible. Alors ensuite, organiser ça de façon cohérente et essayer de prendre des mesures pour ne pas diminuer la sécurité de l'Europe à cette occasion, ce sont des choses dont on va parler, bien entendu, à Ankara ». Si plus de 36 000 soldats américains sont actuellement positionnés en Allemagne, les États-Unis ont récemment confirmé le retrait d’environ 5 000 militaires de cet effectif, d’ici un an. Un retrait programmé qui rend caducs les plans de l’Otan décidés en 2023 lors du sommet de Vilnius, estime Cyrille Bret : « Évidemment, les plans de l'Otan sont complètement obsolètes. Évidemment, ils ne sont pas du tout préparés à aller épauler une agression contre un État balte ou contre la Roumanie, mais ils sont en cours d'actualisation, explique le chercheur. L’Otan, c'est une machine à faire de la planification, donc, à la fin de l'année, ils auront rattrapé le retard. » L'enjeu des commandements opérationnels au sein de l'Otan Au-delà du capacitaire et malgré l'annonce d'un pilier européen, les Américains gardent pour le moment les clés des commandements opérationnels de l’Otan. Ce sera donc aussi l’un des sujets du sommet d’Ankara, précise Jean de Gliniasty. « Il est clair que si les Américains se retirent, il va falloir qu'ils cèdent un certain nombre de postes. Mais je vois mal l'état-major américain renoncer à ces formidables moyens d'influence que sont les leviers de contrôle dans l’Otan, estime l'ancien ambassadeur. Donc, comme les Européens ne se mettront pas d'accord entre eux, il n'est pas exclu que pour un temps encore, rien ne change dans la structure de commandement de l'Otan. » La Russie , très attentive aux possibles désunions, sera aussi l’éléphant dans la pièce. Les Européens plaident pour que, lors du sommet d’Ankara, Moscou soit désignée comme la principale menace. À lire aussi Face à la menace russe, l'Otan démontre sa force dans le ciel

  6. La péninsule de Crimée: le talon d'Achille de Moscou from Lignes de défense, opens in a new tab

    Jun 27, 20262 min

    La défense anti-aérienne russe a abattu 660 drones ukrainiens dans la nuit de jeudi à vendredi 26 juin, a annoncé le ministère de la Défense à Moscou. Un des nombres les plus élevés depuis le début du conflit et en particulier au-dessus de la péninsule de Crimée annexée. Depuis plusieurs mois, les forces ukrainiennes ciblent la péninsule et l’isolent méthodiquement. La Crimée, pièce centrale du dispositif militaire russe, est en passe de devenir le talon d’Achille de Moscou. Grâce aux drones d’attaque Hornet de moyenne portée, lestés de charges de 5 kg et résistants aux brouillages, l’armée ukrainienne cible les dépôts de carburant, les radars, les centres de commandement, et fait peser une menace constante sur les voies d'approvisionnement russes. Peu à peu, les attaques de drones étranglent la Crimée, un territoire stratégique pour Moscou, insiste Vincent Tourret, chercheur à l' Institut français des relations internationales (Ifri) : « La Crimée, c'est le porte-avions sur la mer Noire ! C'est à la fois une base de lancement de frappes, soit par le port de Sébastopol grâce à la marine, soit par ses aérodromes contre le reste de l'Ukraine. Et c'est en fait une immense tour de guet avec énormément de sites radars et un important PC de transmissions également. Donc là, les Ukrainiens, en frappant la Crimée, fragilisent la puissance offensive que les Russes ont à leur disposition pour pousser le front. » Au mois de mai, dans le corridor reliant le Donbass à la Crimée, les Ukrainiens ont ainsi détruit 200 camions-citernes. Symbole de l’annexion de la péninsule, le pont de Kertch, véritable cordon ombilical est lui aussi régulièrement visé. Le ravitaillement des troupes devient délicat Pourtant l’État-major russe poursuit au même rythme ses offensives, avec des attaques quotidiennes par petits groupes dans la zone grise du front. Et si les pertes sont énormes, précise Vincent Tourret, le modèle russe ne change pas : « C’est un modèle à base d'infanterie qui s'infiltre progressivement, méthodiquement », des soldats qui agissent comme les pointes avancées du système de reconnaissance et frappes qu'ils ont à la disposition de l’« état-major Russe . Les ressources commencent à baisser depuis le début d'année, le recrutement russe patine, voire décroît et n'est plus capable de complètement compenser les pertes qu'ils subissent justement par leurs assauts d'infanterie. Donc il commence à y avoir un mismatch, un décalage entre les ambitions russes et leurs ressources. Ce qui va d'ailleurs poser des questions très difficiles pour Vladimir Poutine en termes de mobilisation plus générale ». L’objectif de Kiev : mettre hors de combat 50 000 soldats par mois Environ 30 000 soldats russes sont chaque mois mis hors de combat, un chiffre à peu près équivalent à celui du recrutement. Et grâce à ses drones FPV, l’état-major ukrainien dit vouloir atteindre une attrition de 50 000 soldats par mois. Pour tenter de conserver l’ascendant sur le front, note Vincent Tourret, Moscou mise sur une production toujours plus massive de drones Shahed et de missiles, « La production russe est à même aujourd'hui de soutenir une croissance de sa puissance de feu en Ukraine. Les drones Shahed sont le cas le plus exemplaire parce qu'on est passé quand même d'une centaine de Shahed produits par mois il y a deux ans, à 8 000 Shahed tirés en mai dernier. Et en fait, l’industrie russe arrive à la fois à soutenir cette expansion, à soutenir le rythme de consommation et en même temps, ils ont la capacité de constituer des réserves ». Moscou poursuit le rythme de ses attaques, mais jusqu’à quand la logistique de ses armées pourra-t-elle tenir ? Car en Crimée, les drones ukrainiens détruisent chaque jour une trentaine d’installations et une quarantaine de camions. À lire aussi Kiev multiplie les frappes en Crimée occupée, Moscou grignote à nouveau du terrain dans le Donbass

  7. Le Flamingo ukrainien, star du salon de l'armement Eurosatory from Lignes de défense, opens in a new tab

    Jun 20, 20263 min

    Le missile de croisière Flamingo, de l'entreprise ukrainienne Fire Point, était l'un des incontournables du Salon de l'armement Eurosatory, qui a fermé ses portes vendredi 19 juin. Iryna Terekh, la patronne de Fire Point, qui emploie 6 000 personnes, illustre les immenses ambitions de l'industrie de défense de l'Ukraine. Entretien. Une ambiance musicale et des images de frappes de missiles sur grand écran dignes d'un blockbuster sur le stand surdimensionné de Fire point, et bien sûr la maquette à l'échelle 1 du Flamingo, le plus gros missile de croisière au monde : 12 mètres de long peint en rose – comme les ongles d'Iryna Terekh. Sous le bras, la très jeune PDG, perchée sur des stilettos, tient une peluche de flamant rose. « Les Flamingo sont des missiles de croisière, mais avec cette image du flamant rose, on fait passer beaucoup de messages. Vous savez, nous n'aurions jamais fait des missiles si notre voisin fou ne nous avait pas attaqué. Nous sommes fondamentalement pacifiques. Et c'est la raison pour laquelle nous avons choisi un oiseau pacifique comme symbole », explique Iryna Terekh. « FP pour Fire Point, mais aussi pour F*** Poutine » FP, les initiales de Fire Point, c'est aussi pour dire « F*** Poutine » (« On emm*** Poutine »), sourit Iryna Terekh. Une communication à l'emporte-pièce, directe et efficace pour cette architecte de formation de 34 ans, qui a fondée en 2022 cette entreprise devenue emblématique de l'industrie de guerre ukrainienne. Outre le Flamingo, Fire Point produit aussi les drones FP-1 et revendique 60% des frappes ukrainiennes par drones. « Nous avons créé cette entreprise avec deux amis sur un coin de table ! Dès le départ, ma mission était de mettre en place la production. Mon objectif était de fabriquer 20 drones FPV par mois et c'était déjà extrêmement ambitieux ! J'avais déjà pas mal d'expérience comme entrepreneure dans le bâtiment, mais produire 20 drones par mois, en 2022, c'était du jamais vu, ça paraissait fou ! Et aujourd'hui, nous livrons près de 300 drones FPV par jour, ce qui prouve que la logique de notre architecture, malgré les attaques répétées, était pertinente et efficace. Nous continuons donc à la développer », poursuit la PDG. À lire aussi Frappes ukrainiennes en Russie: «La guerre s'est invitée dans la vie quotidienne des Moscovites» Évolutivité et faible coût, la doctrine de l'entreprise En peu de temps, l'entreprise a percé dans un secteur de haute technologie. Pour y parvenir, elle a su nouer des partenariats avec des majors françaises, notamment pour le guidage du missile Flamingo. « C'est un produit à 90% ukrainien et 10% vient de l'Ouest. Nous avons bénéficié d'une aide considérable de l'Ouest, avec pour objectif une intégration locale et verticale maximale. C'est ce qui garantit notre indépendance et notre capacité à protéger notre souveraineté sans autorisation. Nous recevons notamment l'aide de la France , une aide précieuse, mais aussi d'autres pays européens. En revanche, nous excluons tout recours à la technologie chinoise et américaine. C'est une façon de redonner au continent européen sa puissance et sa souveraineté technologique », développe Iryna Terekh. Sur le papier, le Flamingo peut emporter plus d'une tonne de charge à 3 000 kilomètres et coûte dix fois moins cher qu'un missile occidental. Pour toute l'industrie de défense européenne, l'Ukraine est aujourd'hui incontournable, assure Iryna Terekh. « Nous pensons que le moyen le plus efficace de tester les systèmes d'arme, de les confronter à la guerre moderne, c'est de le faire en Ukraine . Car il est impossible de récréer ailleurs les conditions du front, le brouillage en particulier. Si l'on veut faire évoluer de manière efficace les systèmes de navigations électronique, les centrales inertielles, l'Ukraine est l'endroit idéal. Il n'existe aucun autre terrain d'essai comparable au monde. Et nous sommes le plus forts », martèle la jeune PDG d'un air bravache, le point levé en signe de défi. À lire aussi Ukraine: Moscou cible de la plus importante attaque de Kiev depuis deux ans, une raffinerie touchée

  8. Eurosatory 2026: le plus grand salon de l’armement terrestre se prépare à la guerre from Lignes de défense, opens in a new tab

    Jun 13, 20262 min

    Eurosatory ouvre ses portes lundi 15 juin à Villepinte, au nord de Paris. Les drones en particulier donneront le ton du plus grand salon de l’armement terrestre. Ce rendez-vous de l’industrie de défense sera le réceptacle des tensions géopolitiques et des conflits en cours, raison pour laquelle Eurosatory fait le plein. Plusieurs milliers d’exposants venus de 65 pays, c’est un record. Certains petits pays, inconnus jusque-là de la sphère défense, auront même cette année leur stand, indique Charles Beaudoin, commissaire du Salon, et c’est le signe d’un réarmement général : « L' Ouzbékistan , par exemple, est un pays qui apparaît dans le spectre. Il ne venait pas sur le salon, sa présence est une première. Donc, on voit bien que le salon est en augmentation permanente. Nous aurons plus de 2 200 exposants. Nous étions déjà le plus grand salon de sécurité-défense au monde, mais là, nous avons ouvert un hall supplémentaire, il est occupé. On sent très bien qu'il y a une préoccupation très forte dans le monde de pouvoir se réarmer de manière à pouvoir faire face éventuellement à des conflits qui semblent s'annoncer. » Risque d’un conflit direct entre l’ Europe et la Russie , embrasement du Moyen-Orient, les armées viennent chercher sur étagère des solutions clés en main, et deux sujets prédominent : les drones et les missiles. « Eurosatory 26 s'inscrit dans une situation géopolitique compliquée. Les drones et la lutte anti-drones s’imposent avec la nécessité d'aller beaucoup plus loin, beaucoup plus fort et beaucoup plus en nombre pour les armées européennes. Les sujets missiles et antimissiles reviennent aussi, avec la capacité sol/sol à très longue portée. L'Europe n'en est pas dotée aujourd'hui et c'est un sujet qui revient, il y aura des propositions sur le sujet. Qui dit missiles dit antimissiles. Donc, vous verrez des solutions de missiles hypervéloces et d'interception de missiles hypervéloces. Autre sujet, l'espace : c'est une évidence aujourd'hui, la nécessité absolue de disposer de microconstellations à l'instar de Starlink qui a permis à l'armée ukrainienne de résister. » À côté des acteurs traditionnels de l’industrie de défense, beaucoup de nouveaux entrants sont attendus. Beaucoup de startups et d’entreprises duales. La « deep tech » a le vent en poupe, exemple avec l’intelligence artificielle qui s’immisce dans tous les systèmes d’armes, pointe Charles Beaudoin : « La deep tech, ce sont ces startups qui aujourd'hui proposent des technologies de rupture. L’intelligence artificielle, le cloud, ce sont des cas concrets dans l'armée ukrainienne et c'est clairement là où il faut aller. Ce que j'appelle le troisième âge de la numérisation, après les systèmes numériques, c'est maintenant l'âge de l'exploitation de la donnée et donc l'âge de l'IA et des clouds. » À Eurosatory, quelque 80 sociétés ukrainiennes, contre dix pour l'édition précédente, présenteront leurs drones, systèmes robotisés et missiles de frappe en profondeur, autant de systèmes d’armes éprouvés dans la guerre contre la Russie. À lire aussi Les États-Unis veulent réduire le nombre de leurs avions de chasse sur les bases de l'Otan en Europe

  9. Les hélicoptères en première ligne dans la lutte anti-drones from Lignes de défense, opens in a new tab

    Jun 6, 20263 min

    C’était les 1ᵉʳ et 2 juin derniers sur le champ de tir de Biscarrosse dans les Landes, l’armée de l’air a expérimenté les premiers tirs contre des drones depuis un hélicoptère de manœuvre. La lutte anti-drones offre un nouveau souffle aux hélicoptères militaires. En France, la reconversion des appareils a commencé. La guerre au Moyen-Orient a servi de bascule. Dans l’urgence, des hélicoptères français ont été engagés dans la défense des Émirats arabes unis . Des hélicoptères d’attaque Tigre de l’armée de terre, mais aussi des hélicoptères légers Fennec de l’armée de l’air, ont fait mouche à tous les coups contre les drones Shahed iraniens. Alors puisque les hélicoptères sont efficaces, tous les modèles sont désormais reconvertis à la lutte anti-drones. Cette semaine, c’était le tour des hélicoptères Caracal. Ces gros hélicoptères habituellement dédiés à la logistique ont été lestés de mitrailleuses de sabord et se sont révélés parfaitement adaptés à cette lutte. Ce fut même plutôt facile, juge le lieutenant-colonel Laurent, en charge des nouvelles capacités pour les hélicoptères à l’état-major de l’armée de l’air : « En réalité, ça n'a pas été si compliqué que ça, puisqu'on dispose déjà d'une très grande variété de savoir-faire, que ce soit au travers de notre contribution à la défense aérienne, mais également de notre engagement quotidien en opérations extérieures, souligne le lieutenant-colonel. Et l'enjeu pour les hélicoptères de l'armée de l'air et de l'espace en particulier a été d'adapter ces capacités de tir qui étaient soit tournées vers de l'appui-feu air-sol en opérations extérieures, soit tournées vers des menaces qui étaient un petit peu différentes, mais malgré tout assez similaires dans le cadre de la défense aérienne. Et l'enjeu a bien été de pouvoir adapter relativement facilement ces capacités-là face aux drones. » Pour que les hélicoptères servent de bouclier, il a fallu néanmoins moderniser une partie de la flotte en l’équipant d’une liaison 16, le système d’identification qui équipe tous les avions de combat. « On a vu au Moyen-Orient qu'il y avait énormément d'aéronefs qui étaient en vol dans le même espace aérien. Il y a des aéronefs alliés, mais également des menaces qu'il faut identifier, détruire éventuellement, poursuit le lieutenant-colonel . Et pour ça, il faut éviter à tout prix le tir fratricide. On a fait un très gros effort sur la capacité de liaison 16, pour laquelle nos hélicoptères n'étaient pas équipés jusqu'ici, en particulier l'hélicoptère Fennec que nous avons engagé. En 48 heures, on a été en mesure d'équiper ces hélicoptères de cette nouvelle capacité pour pouvoir les intégrer au mieux dans ce dispositif. » À lire aussi Des hélicoptères Tigre bientôt sur des frégates? La lutte anti-drones, qui fait quoi ? La lutte anti-drones, c’est une défense multicouche, souligne le lieutenant-colonel Laurent : de haut en bas, chacun à sa place : « Ça part déjà au sol d'un dispositif de détection qui, lui, va être en charge de détecter le plus tôt possible la menace lorsqu'elle arrive. Et ensuite, c'est tout un dispositif qui va partir de l'avion de chasse, qui lui vole au loin et a des capacités de détection accrues. Le Reaper sera vraiment entre le Rafale et l'hélicoptère. C'est un élément qui a des caractéristiques qui lui sont propres. En particulier, il a de la persistance parce qu'il est capable de voler longtemps. Il est capable de voler haut, explique le lieutenant-colonel Laurent. Dans le bas du spectre, il y a l'hélicoptère à proximité des côtes, qui, lui, aura des capacités d'identification et une capacité à se rapprocher par son domaine de vol, qui est plus proche du drone. Aujourd'hui, on a mis en place tout un spectre de capacités et on est encore en train de les adapter pour pouvoir être le plus efficace possible. Et l'enjeu, il n'est pas d'avoir un hélicoptère qui soit exclusivement capable de traiter cette menace-là, mais bien de pouvoir utiliser l'ensemble des capacités qu'on a à notre disposition pour pouvoir les traiter. » Véritable alternative aux très coûteux missiles sol-air, les hélicoptères prouvent qu’ils n’ont pas dit leur dernier mot, c’est aussi l’une des révélations de la révolution drone. À écouter dans Décryptage Les drones dans la guerre du XXIè siècle

  10. Loi de programmation militaire: 14 milliards d’euros de plus pour les armées? from Lignes de défense, opens in a new tab

    May 30, 20262 min

    Ce mercredi 27 mai 2026, au Sénat, la chambre haute a proposé d’accentuer l’effort budgétaire en faveur des armées en votant en commission une enveloppe de 14 milliards d’euros qui viennent s’additionner aux 36 milliards demandés par le gouvernement dans l’actualisation de la Loi de programmation militaire. Une hausse destinée à gonfler le format des armées. Dans un contexte mondial marqué par les crises, les sénateurs veulent donc aller plus loin que l’exécutif. Et l’objectif financier final de la loi de programmation militaire (LPM) devient vertigineux puisqu’avec cette nouvelle hausse, les sénateurs proposent un pic des dépenses militaires de 450 milliards d’euros à la fin de la décennie, soit 2,7 % du PIB. Les 450 milliards d’euros, pourquoi faire ? Les urgences capacitaires sont nombreuses, pointe le sénateur Cédric Perrin, membre de la commission Défense et des Forces armées. Il faut notamment gonfler le format de la Marine et celui de l'Armée de l'Air, dont les forces sont aujourd'hui très sollicitées : « On a amendé le tableau capacitaire pour répondre en quelque sorte, d'abord, à la demande qu'avait faite à l'époque le ministre des Armées en février 2025, lorsqu'il disait qu'il manquait une trentaine de Rafale, trois frégates et du matériel terrestre. Et donc le tableau annexe a été modifié avec 20 Rafale Air supplémentaires et 10 Rafale Marine, trois frégates. Il y a aussi évidemment des amendements sur l'aérobalistique à 1 000 kilomètres et qui pourraient être utilisés par les trois armes terre, mer et air, avec évidemment des demandes qui sont importantes. » « On a des sujets sur les drones navals, sur les drones furtifs également, étant entendu que tout ça ne sera pas forcément livré tout de suite. Il est bien évident que l'idée c'est aussi de cranter des commandes, de cranter des objectifs et de ne pas perdre de temps puisque, à force de repousser aux calendes grecques un certain nombre de commandes, évidemment on perd du temps et on est livré très tardivement. On se bat pour une LPM sincère et surtout une LPM de cohérence avec les menaces auxquelles l'exécutif nous prépare depuis maintenant un certain temps. » Un signalement stratégique budgétaire À plusieurs reprises, l'état-major des armées a alerté sur un risque de conflit avec la Russie d’ici la fin de la décennie, mais le vote du Sénat ne présente qu’une trajectoire indicative. Cela s’apparente à un signalement stratégique budgétaire, pour donner beaucoup plus d’ambition à une loi de programmation militaire jugée insuffisante à l’égard de la menace, insiste Cédric Perrin. « Je pense que c'est une question de priorité qu'on doit se donner. Aujourd'hui, on est dans une situation extrêmement complexe où on a envoyé des précurseurs au Groenland . On a ensuite envoyé notre groupe aéronaval à Chypre . On est dans une situation extrêmement complexe dans le détroit d'Ormuz . L' Ukraine étant elle aussi en difficulté, les théâtres d'opérations se multiplient et je crois qu'il faut que nous soyons prêts. Et donc c'est une sorte de priorité qu'on doit se donner aujourd'hui. Pour moi en tous cas, la question de la défense est une priorité absolue. Et puis on a besoin aussi, dans le cadre du débat pour l'élection présidentielle, de débattre de ces sujets. Or, je rappelle quand même que pour toutes les élections présidentielles qui se sont déroulées ces quinze dernières années, il n'y a pas eu de débat sur les questions de défense. Je pense que fondamentalement, aujourd'hui, c'est un sujet qui doit être débattu. Et je pense aussi, fondamentalement, que nous sommes observés par nos adversaires potentiels, les adversaires qui regardent ce que nous faisons et ce que nous votons. » Les investissements réels pour les armées sont votés chaque année dans le projet de loi de finances. Le supermarché de 50 milliards d’euros d’ici 2030 souhaité par le Sénat sera donc potentiellement adopté qu’après l’élection présidentielle, mais le débat est ouvert. À lire aussi France: ce que prévoit la nouvelle loi de programmation militaire pour les armées

  11. Les drones ukrainiens frappent dans la grande profondeur du territoire russe from Lignes de défense, opens in a new tab

    May 23, 20262 min

    Les 16 et 17 mai 2026, Kiev a lancé sur la Russie l'une de ses attaques les plus massives. Plus de 600 drones sont tombés sur la capitale, Moscou, mais aussi sur des zones qui se trouvent à plus de 1 700 kilomètres de la frontière ukrainienne. Les frappes ukrainiennes en Russie sont de plus en plus nombreuses et efficaces et pourraient être une bascule. Situées à près de 2 000 kilomètres de l' Ukraine , les villes russes de Iekaterinbourg, Perm, Tcheboksary ont été touchées : des usines d'armement, des raffineries, des aérodromes attaqués dans cette région de l'Oural russe , qui se pensait jusque-là à l'abri de la guerre. Des frappes dronisées longue distance qui, pour les forces ukrainiennes, ont représenté quelques défis. Vincent Tourret, chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri), explique : « Le premier défi, c'est tout simplement le nombre de drones en production pour atteindre ces distances-là. C'est augmenter la charge utile sur chaque drone. Réussir à avoir des appareils qui soient capables d'évoluer malgré les interférences électroniques russes. Et puis enfin, le problème est d'affaiblir suffisamment la défense anti-aérienne et antimissiles de Moscou pour passer de plus en plus. Les Ukrainiens, sur plus d'un an, on fait cet effort industriel, technologique et opérationnel, où petit à petit, ils ont grignoté les batteries et les radars situés en Ukraine, puis ensuite dans les régions limitrophes comme Belgorod ou la Crimée, et ont commencé à élargir les trous dans la raquette de la défense russe. » Amener la guerre dans le quotidien des Russes Ces frappes dans profondeur révèlent des failles béantes dans le dispositif de protection russe et provoque de fait des bouleversements stratégiques. Vincent Tourret poursuit : « Le niveau qui est le plus visible, celui stratégique, est d'amener la guerre dans la vie de tous les jours des Russes. C'est un des buts avoués de la stratégie ukrainienne. Mais là, ce qui est le plus intéressant et le plus important, c'est que jusqu'à maintenant, on avait une lutte ukrainienne avec les drones qui étaient dans l'infiniment petit, avec les FPV, les drones sur la ligne de front, et l'infiniment grand, donc les frappes sur les villes russes et les raffineries. Ce qui, maintenant, est en train de changer, c'est l'interdiction à portée moyenne – entre 50 et 100 kilomètres –, où les Ukrainiens ont désormais des drones efficaces pour aller frapper des centres de munitions, leur logistique, les zones de concentration, les bases, les garnisons. Et donc, il y a un vrai risque pour les Russes que les Ukrainiens arrivent à finalement asphyxier leurs efforts et à stabiliser le front, voire à reprendre l'initiative . » Un été 2026 possiblement décisif Si pour le moment, aucune inflexion n'a été observée côté russe, l'été est propice aux offensives et servira de test à la théorie de la victoire de chacun, souligne Vincent Tourret : « Les Russes sont restés sur l'idée selon laquelle ils peuvent user les forces ukrainiennes en les pressurisant jusqu'à ce qu'elles craquent. La théorie ukrainienne, inversement, c'est de se dire qu'ils peuvent mettre un coup d'arrêt suffisamment fort, détruire suffisamment des pointes d'offensives russes pour qu'il y ait une stagnation, voire une stabilisation du front. Et pour y parvenir, ils robotisent à outrance le front. Effectivement, cet été ces deux théories vont se répéter à forte puissance. » Après plus de quatre ans de guerre, l'été 2026 pourrait donc être décisif, avec pour bilan un possible épuisement des forces en présence. À lire aussi Guerre en Ukraine: plusieurs noms font surface dans l'hypothèse d'une médiation européenne

  12. Le très long déploiement au Moyen-Orient du porte-avions Charles-de-Gaulle from Lignes de défense, opens in a new tab

    May 16, 20264 min

    Le Charles-de-Gaulle se dirige vers la mer d'Arabie. Un « signal » selon lequel la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz. Si cette opération de réassurance au profit des navires de commerce voit le jour, la mission articulée autour du groupe aéronaval devrait nécessairement être longue. Les 1 800 marins du navire-amiral de la flotte française déjà en mer depuis bientôt quatre mois s'organisent pour rester mobilisés et garder le moral. À lire aussi Le navire amiral de la Marine française aux portes du détroit d’Ormuz

  13. Des hélicoptères Tigre bientôt sur des frégates? from Lignes de défense, opens in a new tab

    May 9, 20263 min

    Le porte-avions français Charles-de-Gaulle a franchi cette semaine le canal de Suez, il se dirige vers la mer d'Arabie qu'il devrait atteindre dans une semaine. Un « signal » que la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz. Le porte-avions et son escorte sont en mesure d'agréger une coalition navale et pour piloter une opération de déconfliction dans le détroit, le groupe aéronaval pourrait aussi se doter de nouveaux moyens de défense. Et si la solution pour protéger une coalition navale, c'était le Tigre ? L'hélicoptère Tigre de l'armée de Terre a été testé en mars dernier aux Émirats arabes unis et, avec son canon de 30 mm et ses deux paniers de 22 roquettes, il s'est révélé véritablement efficace et dissuasif contre les drones iraniens. Alors, si la marine devait s'engager dans une opération de sécurisation d'Ormuz, elle souhaite avoir des Tigre à bord de ses frégates, indique l'amiral Thibault de Possesse. Il commande le groupe aéronaval et nous l'avons interrogé il y a une semaine sur le pont du Charles-de-Gaulle, qui se trouvait alors en Méditerranée orientale. « Récemment, on a validé, grâce aux efforts de la DGA [Direction générale de l'armement] et aux efforts de la marine et de l'armée de terre, l'emploi d'hélicoptères Tigre sur les frégates de la marine nationale, explique l'amiral. Et donc on est capable aujourd'hui de faire poser et de faire décoller depuis les frégates de la marine ces hélicoptères de combat qui sont armés et qui sont adaptés à l'interception des drones. Ils ont démontré aujourd'hui aux Émirats arabes unis leur efficacité face à ce type de menace. » À lire aussi Guerre au Moyen-Orient: quels scénarios pour la sortie d'un conflit qui risque d'être gelé Les Tigre, un complément aux Rafale L'amiral Thibault de Possesse poursuit : « C'est un excellent complément [aux Rafale qui tirent, eux, des missiles Mica]. D'abord parce que c'est un peu moins cher. Mais surtout, ça permet d'avoir une couche de défense supplémentaire. Les Rafale sont au loin, les hélicoptères sont plus près et, en dernier recours, on a des bateaux d'escorte qui peuvent escorter soit le porte-avions, soit d'autres bateaux si c'est nécessaire, comme on le fait aujourd'hui dans Bab-el-Mandeb. » Si l'opération navale pour mettre fin au blocus voit le jour, il faudra être capable de rapidement déployer des moyens militaires pour empêcher d'éventuelles frictions. L'arrivée d'hélicoptères de combat de l'armée de terre sur les bateaux de la Marine nationale serait donc un gage de réassurance pour sécuriser les bâtiments civils, assure l'amiral Thibaud de Possesse. « Le retour des drones montre que les compétiteurs, les adversaires potentiels, essayent de nous prendre à contrepied et essayent de jouer des armes offensives de très bas coût pour qu'on s'épuise à dépenser des armes rares et très chères que sont nos missiles, surperformants par rapport à la menace, en réalité, analyse-t-il . Et donc nous, évidemment, on réagit et on ressort des armes moins chères qu'on a finalement dans notre arsenal. On essaye aussi de construire des drones anti-drones. » Des hélicoptères Tigre aussi pour le Charles-de-Gaulle ? « Alors poser un Tigre sur le Charles-de-Gaulle est assez simple, mais en réalité, ça n'a pas beaucoup d'intérêt parce qu'un porte-avions se tient très loin de la menace et donc un drone Shahed aujourd'hui aurait beaucoup de mal à trouver un porte-avions qui bouge par ailleurs, qui est loin de la menace, explique l'amiral. Et donc le guider sur un porte-avions, ça représente un défi très important. Il a quand même assez peu de chance de passer. » L'environnement des mers chaudes ne nécessite pas de mariniser les appareils. Les hélicoptères Tigre de l'aviation légère de l'armée de terre pourraient donc très prochainement embarquer et ce serait une véritable révolution tactique et opérationnelle. À lire aussi Guerre au Moyen-Orient: la stratégie navale de la France pour le détroit d'Ormuz

  14. Islande: Keflavik, un verrou stratégique dans l'Arctique face à la Russie from Lignes de défense, opens in a new tab

    May 2, 20263 min

    Redevenue un point névralgique de l'Alliance atlantique, la base aérienne de Keflavik accueille des rotations régulières d'avions alliés chargés de surveiller l'espace aérien islandais. Au cœur de l'Atlantique nord, l'Otan entend afficher sa présence face à la Russie. Sur le tarmac de la base aérienne islandaise de Keflavik, le lieutenant-colonel Arvidsson désigne un avion de chasse stationné dans un hangar. Le JAS 39 Gripen, fleuron de l'industrie de défense suédoise, fait partie des six avions déployés en février par Stockholm dans le cadre d'une mission de police du ciel de l' Otan . « C'est un avion multirôle. Vous avez là ce qu'on appelle un ''pod de désignation'' qui permet d'identifier des cibles : un autre avion ou des drones. On les détecte au radar, et si besoin, on les verrouille , détaille le militaire. L'avion est aussi équipé d'un canon de 27 millimètres intégré dans le fuselage. L'idée ici, c'est d'avoir une capacité d'autodéfense . » Une base redevenue stratégique depuis le départ des Américains Construite pendant la Seconde Guerre mondiale , la base de Keflavik a longtemps accueilli des forces américaines. Mais en 2006, Washington retire officiellement ses soldats d'Islande, laissant ce petit pays de 400 000 habitants – sans armée permanente – dépendre entièrement de ses alliés. Depuis, les États membres de l'Otan assurent par rotation la surveillance du ciel islandais. La Suède , devenue officiellement membre de l'Alliance en 2024, vient d'y effectuer pour la première fois une mission autonome. « Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, deux appareils sont prêts à décoller , précise Robin Arvidsson. Si on détecte quoi que ce soit qui s'approche de l'Islande, comme des drones, on peut intercepter la menace. Jusqu'ici, nous n'avons pas eu à intervenir, mais on se tient prêts. » Vue de l'extérieur, Keflavik semble isolée, perdue dans des plaines balayées par les vents. Pourtant, la base occupe une position clé sur le couloir « GIUK » – une ligne imaginaire qui relie le Groenland , l' Islande et le Royaume-Uni . Contrôler ce couloir, c'est contrôler le passage entre l'Arctique et l'Atlantique Nord. Au cœur des rivalités dans l'Arctique « L'Islande n'a pas de forces armées, mais elle dispose d'une base parfaitement opérationnelle au cœur de la région arctique , résume le lieutenant-colonel Johan Legardt, commandant du détachement suédois. C'est la base la plus centrale de toute la région arctique, accessible à tous les alliés . » L'intérêt stratégique de l'Arctique s'est encore renforcé ces derniers mois. Les vues de Donald Trump sur le Groenland en début d'année ont replacé la région au centre des rivalités géopolitiques. Ressources minières, nouvelles routes maritimes rendues accessibles par la fonte des glaces, compétition militaire : les grandes puissances s'y repositionnent progressivement. « Notre présence est essentielle , insiste Johan Legardt. L'idée, c'est de montrer que si des bombardiers russes traversent cette zone, ils ne seront pas laissés sans surveillance. Notre présence sert à rappeler que l'Otan est là . » « Les Russes se déploient périodiquement dans la région , confirme Erlingur Erlingsson, chercheur à l'Institut des affaires internationales de l'université d'Islande. On a, en effet, pu observer des bombardiers, et il est certain que des sous-marins russes circulent dans la zone. Mais la présence alliée relève autant de la surveillance que de la dissuasion. » L'Islande, verrou de l'Atlantique nord Sans armée nationale, l'Islande reste entièrement dépendante de ses alliés pour sa sécurité. Jonas Allanson, chef d'état-major islandais, rappelle pourquoi l'île demeure indispensable au dispositif occidental : « La position clé de l'Islande, pour la sécurité de l'Amérique du Nord et de l'Europe, tient à une chose : ici, on peut surveiller tout le trafic maritime. » « ​​​​​​​ On a déjà vu des accidents, ou en mer Baltique, des actes de sabotage sur des câbles sous-marins, indispensables pour nos communications, poursuit le responsable islandais . C'est pourquoi les Alliés travaillent ensemble : il faut surveiller ce fameux couloir stratégique et assurer la sécurité de l'Amérique du Nord et de l'Europe. » C'est pour renforcer ce dispositif que l'Otan a lancé en février la mission Arctic Sentry. Objectif : augmenter la fréquence des rotations aériennes alliées à Keflavik et maintenir une présence plus continue sur cette base devenue, à nouveau, l'un des principaux verrous stratégiques de l'Atlantique nord.

  15. «La Légion étrangère, un outil de combat taillé pour la haute intensité» from Lignes de défense, opens in a new tab

    Apr 25, 20265 min

    Chaque année, le 30 avril et le 1er mai, la maison mère de la Légion étrangère à Aubagne ouvre ses portes pour la cérémonie officielle de la bataille de Camerone. La Légion étrangère, qui représente 10% des effectifs de l'armée de terre française, est un corps d'élite réunissant en son sein 144 nationalités. Une troupe singulière, « taillée pour les combats de haute intensité », assure le général Cyrille Youchtchenko, commandant de la légion étrangère. RFI : À l'heure de l'hyperdronisation des conflits, à quoi sert encore un légionnaire ? Cyrille Youchtchenko : Un légionnaire, c'est un combattant avant tout, et il est utile dans tous les conflits. Puisqu'après avoir modélisé le terrain par l'arme aérienne ou par les drones, à un moment donné, il faut aller au choc, aller au combat. Et la Légion étrangère s'entraîne, comme l'ensemble de l'armée de terre, aux chocs les plus durs, aux combats les plus exigeants. La Légion étrangère a toujours cette utilité, car elle représente 10% de l'armée de terre aujourd'hui. D'ailleurs, vous avez pensé à la doctrine d'ouverture de théâtre ? C'était à l'époque de Serval, en 2013... Oui, j'ai travaillé, à un moment donné lors de mes passages en état-major, à la doctrine. Et effectivement, j'ai rédigé une version de l'engagement d'un groupement tactique interarmes en milieu semi-désertique, et cette réflexion sur l'engagement tactique au contact fait partie du travail d'un officier d'état-major. La Légion étrangère est une arme de combat largement déployée, puisqu'elle est par exemple présente en Estonie , et même au large du Liban ... La Légion étrangère est effectivement une troupe combattante. En tout cas, c'est marqué dans la loi de 1831. Et la Légion étrangère répond aux impératifs que lui fixe l'armée de terre sur le déploiement opérationnel. Donc actuellement, il y a 1 050 légionnaires déployés sur 17 territoires différents, dont ceux que vous avez cités par exemple. Mais vous comprendrez que je sois relativement succinct sur le sujet. À lire aussi La légion étrangère Le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon, a évoqué un choc possible face à la Russie d'ici la fin de la décennie. Quelles sont vos marges de manœuvre pour grossir très vite en cas de crise ? La Légion a la chance d'avoir bon an mal an 6 000 volontaires qui viennent se présenter à ses portes, 6 000 volontaires qui veulent servir en son sein. Et en fonction des impératifs de recrutement que me fixe l'armée de terre, je peux recruter jusqu'à 6 000 candidats. Mais actuellement, avec 10% de l'armée de terre, c'est-à-dire 9 600 légionnaires, aujourd'hui, j'estime que la Légion, en temps de paix, est à un volume tout à fait acceptable pour la France . Si la Légion doit grossir, ce serait pour des régiments d'infanterie ou des régiments d'appui ? Qu'est-ce qui vous manque le plus ? Si vous me laissez le temps de construire un régiment, je pourrais aller jusqu'à un régiment d'appui. Si vous me demandez de faire ça dans des très brefs délais, le plus simple pour la Légion étrangère, ce serait de créer un régiment d'infanterie. Nous avons actuellement plusieurs régiments d'infanterie, un régiment de cavalerie et deux régiments de génie au sein de la Légion étrangère. Créer des capacités supplémentaires nécessiterait des délais de formation que la Légion n'a pas en propre actuellement. Et donc, ça nécessiterait un peu plus de temps. Qui vient chez vous chaque année ? Sur les 6 000 volontaires qui se présentent, j'en recrute 1 100 chaque année. Et actuellement, j'ai 144 nationalités différentes. Et je pense qu'il n'y a pas un seul grand groupe linguistique qui ne soit pas représenté au sein de la Légion étrangère. Ce sont avant tout des volontaires. À lire aussi La légion étrangère, une exception dans l'armée française? C'est un défi, le recrutement ? Le recrutement est toujours un défi. Recruter en quantité, ça, c'est le premier défi. Le deuxième défi, c'est la qualité. Donc le taux de sélection est pour l'instant d'un sur cinq, ce qui est relativement bon, j'estime, pour la Légion étrangère. Et enfin, le troisième défi, c'est la diversité. Il ne faut pas que j'aie un groupe linguistique trop dominant. La Légion, c'est l'amalgame de toutes les nationalités, des 144 nationalités dont je vous ai parlé, avec une certaine proportion de Français, parce que le ciment de la cohésion de toutes ces nationalités, c'est le français. Et donc, j'ai un volume actuellement de 12% de Français, 27% de francophones, ce qui est relativement bon. Mais ça aussi, c'est un défi au quotidien. Ce vendredi 30 avril, vous allez célébrer la bataille de Camerone, qui fonde la Légion étrangère. La main en bois du capitaine Danjou, sa prothèse, sera portée par un ancien chef d'état-major, le général Burkhard. Ce n'est pas si courant ? La main du capitaine Danjou, qui remonte la voie sacrée le jour de Camerone, à Aubagne, symbolise le serment que le légionnaire fait de servir la France avec honneur et fidélité, de servir ses chefs et ses officiers qui incarnent la France – puisque nous, les officiers, nous sommes Français. Et j'ai demandé au général Burkhard de porter la main du capitaine Danjou cette année, parce qu'il sera accompagné aussi de deux sous-officiers emblématiques de la Légion étrangère, qu'on appelle les « maréchaux de Légion étrangère », parce qu'ils sont décorés de la Légion d'honneur. À eux trois, ils représentent toutes les opérations depuis la fin de la guerre d' Algérie jusqu'à nos jours. J'aime beaucoup ce symbole qui permet aux jeunes légionnaires de se reconnaitre en celui qui a commandé les opérations auxquelles il a participé. Le général Burkhard, par ses différentes fonctions, que ce soit comme lieutenant au 2e REP, ensuite à la 13e demi-brigade de Légion étrangère, puis ses fonctions au sein du ministère des Armées, a été notre chef. Il nous a emmenés au combat. Le voir remonter la voie sacrée va symboliser toutes ces opérations que l'on a menées. Avec une pensée pour nos camarades qui nous ont quittés, morts pour la France.

  16. Comment l'IA permet à l'armée de l'Air et de l'Espace d'accélérer le tempo de ses opérations from Lignes de défense, opens in a new tab

    Apr 19, 20262 min

    L’essor de l’intelligence artificielle transforme en profondeur les armées. Des algorithmes embarqués permettent de détecter, classifier, identifier automatiquement des objets d’intérêts militaires en un temps record. Ces systèmes prêts à l’emploi bousculent le tempo des opérations. La vitesse, facteur clé de la victoire. Et pour atteindre cette célérité, l'intelligence artificielle est devenue incontournable, insiste le colonel Frédéric, en charge du système d'information de l'armée de l'Air et de l'Espace : « On travaille selon une boucle opérationnelle. Parfois, on l'appelle la boucle OODA. Observation, Orientation, Décision, Action. Globalement, c'est une boucle dans laquelle on traite du renseignement pour savoir quelle est la menace au regard des moyens dont on dispose, on va planifier la meilleure des missions possibles. Et les outils d'IA vont permettre à l'opérateur humain de faciliter toute la réalisation de ce cycle-là ». Safran IA, ex-Preligens, développe des algorithmes prêts à l'emploi sur tout type de capteurs, souligne son directeur, Sébastien Fabre. Que ce soit à partir d'images satellites, de boules optroniques ou de capteurs électromagnétiques : « L'IA est capable de détecter des objets qu'on appelle des observables, de savoir quel type d'objets il s'agit, est-ce que c'est un véhicule blindé, est-ce que c'est un pick-up, etc. Même de les identifier et dire de quel type de véhicule blindé ou de quel type d'avion il s'agit. Quand vous avez quelqu'un qui utilise une jumelle, par exemple, pour observer un terrain d'opération, l'humain peut être distrait par quelque chose qui se passe et louper l'arrivée d'un drone, par exemple. Et grâce à notre IA, on va être capable d'afficher ou de mettre un petit cadre autour de quelque chose que l'humain ne verrait pas forcément ou serait distrait par un autre objet ». Un démultiplicateur de force L'IA est donc un démultiplicateur de force. Prenons le cas d'un pilote, la boule optronique, qui équipe son chasseur, à l'instar d'une jumelle, lui permet de voir loin. Mais identifier ce qui est perçu, c'est une autre affaire. « Parfois, le pilote voit vaguement quelque chose dans le ciel. Pour nous, l'objectif c'est d'aller plus vite sur la détection de cet objet. Et là, il y a des algorithmes d'IA qui voient mieux que l'œil humain et qui peuvent, au-delà de la détection d'un objet, les reconnaître également. Dire que c'est un avion et vérifier de quel type d'avion il s'agit. Donc c'est bien toute cette complémentarité entre la capacité de l'homme à analyser certaines données et puis là où l'homme, finalement, n'a pas les capacités physiques ou atteint ses limites physiques, c'est là qu'il faut chercher le positionnement de l'IA », explique le colonel Frédéric. Dans certains cas, seule l'IA pourra répondre à l'IA Mais si l'IA se niche derrière tous les capteurs, il faut désormais bâtir une nouvelle architecture, souligne Sébastien Fabre de Safran IA : « Si je prends simplement l'exemple de plusieurs drones déployés sur un théâtre d'opérations, vous ne pouvez pas regarder un écran pour chacun des drones et essayer de comprendre ce qui se passe. Donc, un de nos enjeux, c'est la fusion de ces informations. Tous les systèmes sont un petit peu comme des pièces d'un puzzle qui ne sont pas encore reconstituées. Et je pense que ce qu'on va voir arriver dans les années qui viennent, c'est la coordination de tous ces systèmes avec l'IA agentique qui va organiser les différentes IA qui sont spécialisés dans leur domaine pour amener de la cohérence, de la synchronisation et de l'efficacité dans tout ça ». La course à la vitesse va aussi obliger à l'automatisation de certains systèmes d'armes, en particulier pour la lutte anti-drone où seule l'IA pourra répondre à l'IA.

  17. Iran: quarante jours d’errance stratégique américaine qui redessinent le jeu au Moyen-Orient from Lignes de défense, opens in a new tab

    Apr 12, 20262 min

    La trêve décrétée mercredi par les États-Unis montre les limites de l’intervention américaine déclenchée le 28 février pour renverser le régime iranien. Selon les experts, l’opération militaire de Washington pourrait avoir des conséquences à long terme. Tout au long du mois de mars, les buts de guerre étatsuniens n'ont cessé de changer. Le démantèlement du programme nucléaire et la chute du régime iranien sont progressivement passés à la trappe. Début avril, le président Trump indique qu'il n'a même plus besoin d'un « deal ». Mais il exige la réouverture du détroit d'Ormuz . Pour finalement juger que le plan en dix points de Téhéran est une bonne base de négociation. Une gestion erratique qui sonne comme une victoire pour Téhéran, dont la résistance a été largement sous-estimée par le commandement étatsunien, pointe le géographe spécialiste de l'Iran, Bernard Hourcade : « On voyait l'Iran en termes islamiques, c'était l'Iran des mollahs, cet immense leurre. L'islam, c'est très important en Iran, bien évidemment. Mais aujourd'hui, on voit l'Iran qu'en termes islamiques. l'Iran est une nation. C'est une population ancienne. Une population puissante et forte qui est dans ses frontières actuelles depuis le XVIᵉ siècle. Et cet attachement à la patrie iranienne est extrêmement fort. On a négligé la résistance. Les Iraniens ont toujours résisté et c'est un élément très important quel que soit son régime, islamique ou non. » À lire aussi Guerre au Moyen-Orient: J.D Vance rentre aux États-Unis sans accord avec l'Iran Une erreur américaine dans la planification Initialement, la campagne devait être courte, puis la guerre s'est enlisée, souligne Bernard Hourcade, L’US Centcom, qui gère les opérations militaires au Moyen-Orient, a mal anticipé le concept de défense avancée iranien, c'est-à-dire sa capacité de porter le fer avec ses missiles et ses drones dans toute la région, « Ils ne défendent pas la frontière. Il n'y a pas eu de combat sur la frontière. Les troupes américaines ne sont pas rentrées en Iran. Par contre, l'Iran a mis en place le système qu'on avait vu avec celui des proxys, c'est-à-dire d'alliés de l'Iran, transformé en utilisant les pays voisins. En attaquant les pays voisins, en leur disant, vous êtes mes voisins, vous abritez les Américains et donc j'attaque les bases américaines chez vous. Et si vous voulez que ça s'arrête, dites à vos amis américains de quitter le territoire. » Les bases américaines dans le Golfe sont désormais synonymes de danger Dans le Golfe, la guerre a donc rebattu les cartes. Avant le 28 février, accueillir une base américaine était un gage de sécurité. C'est désormais un danger. « Ça fait prendre conscience aux pays de la région que leur sécurité ne dépend pas des Américains, mais dépend d'une coopération régionale, poursuit Bernard Hourcade. Cette guerre est importante, car elle impose de repenser la sécurité régionale du Golfe Persique. Ce que les Iraniens souhaitent. Les pays voisins aussi le souhaitent. Ce ne sont plus les grandes puissances, les États-Unis sont un danger, la Russie est hors-jeu et l'Europe n'existe plus. Donc, il faut trouver d'autres solutions de sécurité régionale, puisque l'Amérique s'est suicidée en quelque sorte dans cette guerre, et c'est ça qui est important. » Une nouvelle architecture de sécurité, possiblement sans les États-Unis. Washington a peut-être perdu une part importante de son influence dans cette aventure iranienne.

  18. Donald Trump dit réfléchir «absolument» à quitter l’Otan from Lignes de défense, opens in a new tab

    Apr 5, 20262 min

    Le président américain a dit cette semaine réfléchir « absolument » à retirer les États-Unis de l'Otan, une menace brandie après s'être plaint du ⁠manque d'aide apportée par des alliés pour débloquer ​le détroit d'Ormuz. L’Alliance atlantique est-elle en voie de désintégration ? L’essence même de l’ Otan est d’incarner la solidarité entre alliés. Avec Donald Trump , cet esprit est une fois de plus violemment remis en cause. Pour autant cela a-t-il un impact sur les structures mêmes de l’Alliance dont le commandement suprême est assuré par le général américain Alexus Grynkewich. Pas réellement, assure Élie Tenenbaum directeur de recherche à l’Ifri : « Au quotidien, si vous échangez avec les gens qui font partie de la structure Otanienne, il n'y a rien qui a changé par rapport à il y a deux mois, ni même par rapport à il y a deux ans. En fait, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de mesures américaines spécifiques, si ce n'est une réduction légère des contributions américaines au siège et dans quelques organes du commandement intégré. Mais on est extrêmement loin des messages qui peuvent être passés au plus haut niveau politique ». Vive inquiétude en Europe L’inquiétude des Européens est néanmoins bien réelle, que deviennent les plans de défense de l’Otan sans les Américains ? « Vous avez des plans de défense qui ont été entièrement revu après l'adoption d'un nouveau concept stratégique en 2022 » Élie Tenenbaum, « ces plans s'articulent autour de trois plans régionaux et de sept plans stratégiques dits subordonnés qui sont structurés face à une menace désormais désignée qui est la Russie, qui sont censés être mutualisables et qui sont censés être exécutables. Pour autant, on sait quand même que leur exécution de la meilleure manière possible, est encore très dure à mettre en œuvre. D'abord parce que les cibles capacitaires n'ont pas été atteintes, et ensuite on a évidemment la question d'une contribution importante des États-Unis au plan de défense, historiquement de l'ordre de 50 % des capacités. Aujourd'hui, on est dans les 42 % et avec un objectif affiché pour les Américains de continuer à réduire leur part, au nom évidemment, de ce qu'ils appellent le partage du fardeau ». Les États-Unis peuvent-ils rapidement quitter l’Alliance atlantique comme le laisse entendre l’administration Trump ? L’Otan un tigre de papier assure Donald Trump Et la question sous-jacente est, s’ils quittent l’Otan, quitteront-ils l’Europe alors que plus de 60 000 soldats y sont encore stationnés ? Une telle décision ne sera pas si simple à prendre tempère Élie Tenenebaum : « La perspective d'un retrait américain en bonne et due forme, sous l'angle d'une dénonciation du traité, d'abord légalement, est loin d'être évidente, puisqu’une loi a été signée en 2023, qui empêchait le président des États-Unis de décider seul, sans accord, d'une majorité qualifiée des deux tiers du Congrès pour procéder à un tel retrait. Ensuite, parce que, finalement, on voit bien un intérêt des États-Unis à rester dans la structure, quitte à la vider de son sens en remettant en cause l'article cinq par des déclarations publiques, mais pour autant continuer à être à l'intérieur. Le retrait en bonne et due forme ne semble pas aujourd'hui à l'ordre du jour ». L’Otan un tigre de papier, la formule qu’affectionne le président Trump, risque néanmoins de sérieusement entamer la crédibilité de l’Alliance atlantique et sa capacité à dissuader ses adversaires. À lire aussi Donald Trump affirme qu'il envisage sérieusement de retirer les États-Unis de l'Otan

  19. Le possible minage du détroit d'Ormuz met le trafic maritime international sous pression from Lignes de défense, opens in a new tab

    Mar 29, 20262 min

    Le spectre d'un minage par l'Iran des eaux du Golfe et du détroit d'Ormuz, met sous pression la communauté internationale. Le régime de Téhéran peut-il rapidement mettre ses menaces à exécution ? Le détroit d'Ormuz, s'étire sur un peu plus de 200 kilomètres pour une largeur qui n’excède pas 50 kilomètres à certains endroits, les Iraniens n'auront donc aucune difficulté pour y disposer massivement des mines ! Et ce d’autant qu’on estime à 5 000 ou 6 000 le stock potentiel iranien de mines navales, rappelle le contre-amiral Éric Lavault ex plongeur démineur au sein de la Marine nationale, « Ils ont un panel assez complet de capacités de mines. Les mines de fond qui reposent sur le fond et qui fonctionnent à l'influence, donc avec une intelligence embarquée, soit avec un stimuli magnétique, soit sonore par le bruit que rayonnent les navires de surface. Le deuxième, c'est ce qu'on appelle les mines à Orin, c'est-à-dire que les mines qui sont reliées au fond par une chaîne et qui flottent entre deux eaux. Il y a une dernière menace, qui est plus une menace asymétrique, mais pour laquelle les Iraniens ont un savoir-faire, une expertise particulièrement pointue, c'est la faculté de pouvoir coller sur les coques ce qu'on appelle des Limpet mines, c'est-à-dire des mines ventouses, des mines qui collent en les mettant en place avec des embarcations rapides, discrètement dans le sillage des bateaux » . Une telle stratégie de verrouillage du détroit d’Ormuz a déjà été utilisée par l’ Iran dans son conflit avec l’ Irak en 1980, et Téhéran indique Éric Lavault dispose de toute une variété de navires capables de mouiller des mines, « Jusqu'à il y a quinze jours, de source compétente, il n'y avait pas de minage. Il se peut effectivement que depuis des mines de fond aient été posées. Ces mines à influences peuvent être mouillées depuis n'importe quel porteur. Durant la guerre Iran-Irak, ils avaient transformé des chalutiers en mouilleurs de mines. Les fonds du détroit d'Ormuz s'y prêtent parfaitement puisqu'il y a entre cinquante et une petite centaine de mètres de profondeur. C'est une menace crédible ». Quels moyens pour déminer le détroit d’Ormuz ? Pour nettoyer le détroit d’Ormuz, il y a peu de moyens disponibles. Les États-Unis ont retiré du service il y a quelques semaines leurs quatre chasseurs de mines Avenger basés à Bahreïn, reste les marines françaises, belges et néerlandaises qui excellent dans la guerre des mines, mais ce sera nécessairement une opération longue et complexe, un travail méthodique souligne le contre-amiral Lavault, « Le chasseur de mines est un bateau dont la coque est amagnétique et dont la signature acoustique est très faible. Ce navire va pénétrer dans le champ de mines et il mettra en œuvre ses robots téléopérés ou ses plongeurs-démineurs pour effectuer les opérations de déminage. Les opérations de déminage vont d'abord consister à pouvoir dégager des corridors d'accès, des autoroutes en fait, pour permettre au trafic maritime de reprendre. Ça peut être assez rapide. Après, qu'il reste des mines en dehors de ces autoroutes maritimes, ce sera traité dans un deuxième temps. En attendant il ne faudra pas trop s'éloigner du rail ». Après la guerre du Golfe en 1991, il avait fallu deux ans d’opérations intensives pour déclarer la zone libre de mines. Les nouveaux moyens reposant sur des drones ne sont pas encore opérationnels et si la France a fait savoir qu’elle était prête à prendre la tête d’une coalition navale pour sécuriser le détroit d’Ormuz, c’est à la condition qu’il n’y ait plus de combats. Raison pour laquelle l’hypothèse d’un minage du détroit est un véritable cauchemar pour le trafic maritime. À écouter aussi Les détroits : nouveaux centres de gravité de la guerre ?

  20. Exail, pépite française des drones sous-marins, s'impose dans la guerre des mines from Lignes de défense, opens in a new tab

    Mar 22, 20264 min

    Six pays, dont la France, se disent prêts à contribuer à sécuriser le détroit d'Ormuz. Et si ce passage stratégique venait à être miné par l'Iran, des entreprises innovantes affirment pouvoir nettoyer cet espace maritime avec des drones sous-marins. C'est le cas d'Exail, une pépite française qui s'est imposée dans cette activité. À lire aussi Ukraine: les travailleurs humanitaires formés face au danger des drones

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Observed September 20, 2026.

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